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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 22:46
Couverture du Passeur de Lois Lowry, école des loisirs 2016, colection Medium
Couverture du Passeur de Lois Lowry, école des loisirs 2016, colection Medium

Couverture du Passeur de Lois Lowry, école des loisirs 2016, colection Medium

Roman très prenant qui nous décrit une société future où la vie doit s'écouler sans problèmes, sans questions embarrassantes ; les tracas ont été bannis du quotidien des familles qui obéissent aux règles dictées comme de raconter leurs rêves, de s'épancher devant des micros qui ont une fonction de surveillance. 1984 n'est pas loin. Le héros, Jonas devra affronter son rôle (choisi par ceux qui ont ce pouvoir de décision : le Comité des sages) qui est de supporter les douleurs et bonheurs refusés à ses concitoyens. Il sera le seul après que l'ancien "passeur" lui ait confié son fardeau. Il devra passer par des souffrances effroyables en supportant les "souvenirs" d'autres époques où chacun expérimentait la douleur de perdre un ami, la solitude, la guerre, notions inconnues du quotidien du futur "passeur". Il découvrira que tuer, c'est à dire "élargir" est devenu un acte secret et presque banal au sein de sa communauté... Comment va-t-il réagir face à cette responsabilité de devoir mentir à ses parents, sa sœur ? En fait ceux-ci lui mentent aussi, comme il le découvrira lorsqu'il lira son dossier et les recommandations qui y sont incluses.

Jonas résistera-t-il à cette formation spéciale ? 

Les passages au cours desquels il rencontre son professeur sont vraiment vertigineuses ! La fin peut décevoir, mais elle est logique. 

Roman de 219 pages qui séduira également les adultes.

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Published by francoisegrenierdroesch - dans jeunesse SF société future 1984 Orwell mémoire roman
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 19:38
Roman SF de Sylvain Lamur, couverture de Vincent Laik
Roman SF de Sylvain Lamur, couverture de Vincent Laik

Roman SF de Sylvain Lamur, couverture de Vincent Laik

L'auteur, Sylvain Lamur, à travers son personnage principal, Quentin Quonnard, nous livre un scénario surprenant et original qui a su capter tout mon intérêt.

Ce VRP de l'espace me ferait fuir dans la vraie vie... Imaginez un commercial tête à claques, homme à femmes sûr de lui, doutant parfois de ses capacités, mais selon un procédé de l'auteur assez subtil, mélange de dérision et de beaufitude très réussi, je l'ai suivi facilement dans ses réflexions "premiers degrés" tout à fait crédibles.

À la fois suffisant et déterminé, aux ressources insoupçonnées, ce Quentin brave les difficultés de situations déroutantes. Déjà, à cause d'un obstacle imprévu, il doit faire face au crash de son vaisseau spatial, "Bill Dollar" où il faillit perdre la vie et à la mort de son ami Weddie. Sur l'astéroïde minuscule où il atterrit l'attend moultes surprises, entre autre ce caillou exauce la plupart de ses pensées, ce qui est source de problèmes parfois... De nombreux personnages, dont le double de Weddie et de Ylda, la femme "peau de colle" de Quentin, naîtront et s'avèreront bien utiles pour la suite des aventures de ce héros malgré lui.

Au lieu de continuer à se la couler douce, il souhaite repartir vers sa mission première : un rendez-vous avec un important personnage, Monsieur Maugus Helb-Feldt afin de négocier un accord au sujet de la mélasse, une sorte d'élixir de jouvence. Mais lorsque le Bill est en état, et qu'enfin, ils repartent, lui et son compagnon, sur la planète UMEG IV, des mois se sont écoulés ! Ils arrivent en retard et sont très mal accueillis.

Commence une série d'événements à cause de Magnus car ce dernier n'aura de cesse de lui faire payer l'affront de l'avoir fait attendre. La secrétaire de Magnus, Mademoiselle S, sa femme Quoarine aussi se serviront de Quentin pour diverses raisons.

Je m'arrête là de "spoiler" et vous laisse le plaisir de découvrir l'ampleur de cet ovni, bien foutu. Une belle plume stimulante que je suivrais avec plaisir. Je connaissais les nouvelles de Sylvain Lamur qui sont toutes d'un niveau excellent et ne suis pas mécontente d'avoir lu son premier roman.

Donc, j'ai vraiment adoré d'avoir passé quelques heures de lecture en la compagnie de Quentin Quonnard ^^ parcourant ce monde où tout est possible. Il suffit de le vouloir, de rêver pour que l'imaginaire prenne vie. Au fil de ses péripéties, je me suis surprise à le trouver sympathique finalement, ainsi que la galerie de personnages secondaires, tous intéressants (le Sage du Fin Fond de l'Espace une vraie trouvaille).

Une dernière chose : heureusement, l'amour que les femmes lui porte le sauve bien souvent. Sans elles, il croupirait en prison ou serait en piteux état.  

Je remercie Rivière Blanche de m'avoir permis cette lecture. Je signale que l'exemplaire reçu présente des défauts d'impression légers comme des caractères qui se chevauchent.

Pour se le procurer (20 €) : http://www.riviereblanche.com/collection-blanche-bl2151-quaillou.html#1cfa4a9db00ccf6474ae284036a1d00c

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 18:34
Recueil de nouvelles sur le thème de Frankestein/ Mary Shelley Collection l'Atelier chez Souffle Court Éditions
Recueil de nouvelles sur le thème de Frankestein/ Mary Shelley Collection l'Atelier chez Souffle Court Éditions

Recueil de nouvelles sur le thème de Frankestein/ Mary Shelley Collection l'Atelier chez Souffle Court Éditions

Petit livre intrigant qui dans l’ensemble ne m’a pas enthousiasmé à 100 %.

Certains textes m’ont paru hermétiques, peut-être parce que le thème : Hommage à Mary Shelley ne me parle pas, que la phrase récurrente : « Ah ! Que les sentiments des humains sont variables ! Et combien étrange est cet attachement que nous portons à l’existence ! » me sort de ma lecture à chaque fois ou presque, que certaines nouvelles trop bizarres ne me paraissent pas en adéquation avec l’idée que je me fais du sujet, cette femme écrivain, auteure du fameux Frankenstein ayant eu une vie mouvementée…

21 textes pour 285 pages au format mini (10,5 cm / 15 cm).

 

La première nouvelle : « Aujourd’hui est terminé » de Sébastien Meunier mérite en effet le Prix Première nouvelle 2016. Elle est plaisante, écrite à la première personne du singulier d’une manière parfaite. Je ne me suis pas attendue à cette fin, très réussie. Le narrateur a une mission qui se révèlera haute en surprise… Et je ne peux en dire plus comme pour la plupart des textes qui sont très courts. 14 pages pour celle-ci.

 

« Éclats de lame » de Fanny d’Angelo. Une histoire que j’ai beaucoup appréciée du fait de son ancrage dans notre réalité, Daesch et leurs pratiques ignobles, et de sa noirceur, mais au plus près de l’âme humaine. D’une justesse de ton parfaite pour traduire l’embrigadement.

 

« Fragments » de Dominique Piferini troisième nouvelle que j’ai bien aimée, déjà parce que l’époque me parle. Glaciale ! La mémoire d’une vieille femme revient par bribes et la fin est juste émotionnellement impeccable.

 

« Désincorporation » d’Hélène Duc fait partie de mes préférées. Déjà parce que le genre SF m’attire et le sujet très actuel, l’immortalité, me fait entrevoir une piste que je n’aurais pas imaginée moi-même. Le cadre, les personnages, le déroulé des actions très pertinentes et l’écriture très maîtrisée m’ont permis de m’évader tout en réfléchissant aux conséquences d’une technologie capable dans le futur de ce genre de prouesse.

 

« Le duplicata », Pierre-Alban Pillet. À tendance SF. Belle histoire de réappropriation d’un passé perdu par l’intermédiaire d’une technique futuriste, pas encore mise au point. Dans mes préférées.

 

« Le sourire de Sisyphe », Stéphane Bientz. Une vraie réussite aussi. J’aime beaucoup l’idée, cette punition démoniaque ! Un peu SF. « L’âme est une prison » … en effet.

 

Ensuite, « Met’menole ou la Déméter des talus » de Françoise Balley : Très imaginatif car on voyage en même temps qu’une entité non définie, ou d’une façon proche des plantes… Mais de ce fait, difficile de s’accrocher à quelque chose de connu. Sauf à la fin ou tout s’éclaire.

« De Humani Corporis Dolore » de Xavier Watillon. Jeu de dupes entre Mary et Victor sur fond de laboratoire et d’expériences douteuses.

« Il faisait presque noir » de Marie Constant. Toujours cette litanie aussi du concept d’avant la nuit qui ne me parle pas ! C’est une image, je pense… Ce qui se passe avant la fin de tout. Je n’ai pas bien saisi le sens de cette nouvelle. Un jeu là encore entre deux êtres, dont l’un (l’une) très dépendant de l’autre remet en question un pacte dont on ne sait pas grand-chose…

« Galette aux amandes et têtards noirs » d’Elisa Deleuze. Histoire de retrouvailles entre filles de milieu différent dont l’une, Alison se cache (on comprend pourquoi au fil du récit) tandis que l’autre, Mary brille au grand jour.

« Les Cholpèques » de Florence Bouche. Une bonne idée, bien menée jusqu’au dénouement plein d’ironie à partir de recherches archéologiques ou archéo pas logiques.

« La mécanique de l’âme », Juliette Baron. John voue un amour sans faille à Mary qui semble de bonne compagnie. Ce qui est arrivé à la jeune femme et ce que s’inflige John fait tout de même froid dans le dos.

« Moi, Mary » de Valériane Marino. Une jeune femme nommée Mary tient son journal pour relater les péripéties dues à sa maladie. Ses états d’âme et réflexions sur la vie, la mort, les donneurs qui pourraient être des psychopathes émeuvent et le destin frappe.

« L’autre et moi », Camille Plaisante. Thème de l’attente, du reflet, de l’autre qui peut être moi. Quelqu’un souhaite le retour de Mary, mais où est-il, mystère. On devine qu’elle est indispensable à son équilibre mental.

« La valse des vanités » Arnaud de Monlivaut. Tentative de garder sa jeunesse pour Mary, pour un coût exorbitant. Le naufrage d’une vie basée sur l’apparence. D’une tristesse inouïe, mais je ne me suis pas sentie concernée par la douleur de cette personne courant après sa beauté perdue.

« Pour une main de plus », Stéphanie Bara. Histoire gentiment absurde qui serait le combat de Pietr et de Mary. Lui s’accapare au sens propre des éléments du corps d’Elle pour réaliser son rêve d’être augmenté… Un nouveau Frankenstein ?

« Un vœu au chocolat », Fanny Renard. Au début j’ai pensé que le narrateur était un immonde monstre pédophile ; ce n’est pas ça du tout. Bravo à l’auteur pour sa facilité à nous tromper ^^

Rapport faussé entre deux personnes vivant sous le même toit, pour cause de syndrome de Peter Pan. Malin comme approche du thème de l’éternelle jeunesse.

« Séduisant inconnu », Ancélise Blan. La lecture publique d’une nouvelle par une certaine Mary donne le départ à une rencontre pleine de surprises. L’inconnu s’appelle Gray, tout un programme.

« Plonger dans une eau glacée », Lilia Seddik. Un texte qui surprend par le ton par moments vulgaire, mais on comprend petit à petit la raison, et c’est plutôt bien amené.

« Il n’est pas toi mon amour », Adeline Brun. Un peu SF. Histoire d’un homme qui tente de recréer sa moitié, à bout de nerfs à force d’y penser, puis plus concrètement. Amour fou. Descriptions de sa douleur immersives.

« L) UniVersus », C.L.De-Saër. Texte en prose poétique qui m’a laissée de marbre. Désolée pour cet auteur mais les mots qui constituent une chaîne (de l’univers) m’ont paru trop décousus et sans liens entre eux. 19 pages (la plus longue de toutes les nouvelles de ce recueil) de sonorités qui pourraient plaire à certains lecteurs qui n’ont pas besoin d’une trame narrative, de personnages, d’actions, de cadre précis (là, il est multiple), une chute surprenante pour apprécier une nouvelle.

Pour conclure, un recueil varié, au thème original. Quelques pépites que j’ai eu plaisir à « déterrer ».

Lien vers l'éditeur : http://www.soufflecourt.com/commande (12 €)

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 17:07
Couverture magnifique (réalisée par Martine Provost) du recueil de Gabriel Arlys "Immortalité en papier" chez BOZ'DODOR

Couverture magnifique (réalisée par Martine Provost) du recueil de Gabriel Arlys "Immortalité en papier" chez BOZ'DODOR

J’ai accepté un partenariat, pour l’instant occasionnel, avec la maison d’édition Boz’Dodor qui proposait ce titre : « Immortalité en papier » de Gabriel Arlys en SP format ebook.

L’occasion de découvrir un nouvel auteur est toujours source d’enrichissement, alors je n’ai pas hésité malgré quelques désagréments à ouvrir certains fichiers numériques d’une certaine maison d’édition… Calibre a bien voulu me livrer les textes en bon français et pas en hiéroglyphes ou en signes incompréhensibles !!! Ouf !

Le fil conducteur de ce recueil de nouvelles, l’immortalité, donne à réfléchir. Est-ce folie de vouloir à tout prix vivre éternellement ? On verra que parfois, oui !

À travers 4 nouvelles, le lecteur va rencontrer différents personnages, victimes de ce rêve d’immortalité ou l’ayant subi…

 

Dans la première « La mère aux cheveux-racines », il s’agit pour Johan, un explorateur, de trouver le moyen de le devenir. La légende de Bellinza l’obsède. Il a réuni beaucoup de documentations, fait preuve d’intelligence avec la nature pour plaire à cette créature fantasmée ou réelle, la mère / mer aux cheveux-racines qui pourrait lui montrer le chemin. Est-ce bien raisonnable ?

Son accompagnateur dans la forêt amazonienne, en Guyane, Charles Do, le mènera dans sa quête d’aboutir à être un shaman immortel, mais… Là, je ne peux en dire plus sous peine de spolier. Le voyage vaut le coup (figuré et bien réel de lecteur) car cet auteur possède de solides connaissances scientifiques, ayant étudié pour devenir docteur en Sciences de la vie. Il m’a entraîné à observer la faune et la flore sous un jour nouveau pour moi : avec un regard de spécialiste. Belle vision de ces rainettes de la Canopie ou de ces papillons morphos. Cette façon de décrire minutieusement la nature environnante m’a tout de même sortie de l’action. En général, j’aime mieux lire des histoires à suspens ou plus violentes. La scène où le guide, Charles DO ne s’arrête pas pour secourir un blessé m’est apparue sordide et non justifiée puisqu’ensuite on passe à autre chose sans avoir la réponse d’ailleurs au pourquoi de ce manque d’empathie. D’accord quand on connait la fin, on peut deviner… Mais bon, c’est limite.

Pour conclure, le cadre doucereux très bien restitué et le parcours de l’apprenti shaman devant survivre en pleine forêt tropicale pendant un mois ne m’a pas enthousiasmée plus que ça, à part la chute excellente (mais que j’avais tout de même devinée au milieu lors du test du pistolet ADN). L’idée pourtant très belle et l’écriture précise donnent une nouvelle intéressante qui m’a bien fait rêver.

La deuxième « La clinique des champs » m’a angoissée car l’interrogation du monsieur, Robert Priatkov venu prendre des nouvelles d’Armanda, sa sœur hospitalisée en clinique n’aboutit pas à des réponses honnêtes de la part de son interlocuteur, le docteur Grangier. Ce dernier n’a pas de temps à lui consacrer et le renvoie vers d’autres personnes ne sachant pas pourquoi celle-ci est plongée dans le coma. Sa colère semble tout de même forcée quand on sait que sa sœur vient souvent dans cet établissement privé pour des traitements contre la vieillesse. Elle n’a, à près tout, que ce qu’elle mérite ! Je n’ai pas été très sensible à l’enjeu mais j’ai apprécié la scène finale où un implant contre-nature transforme la patiente en… Stop, je ne peux préciser… Beaucoup de termes techniques là aussi, nécessaires, qui m’ont fait perdre le fil donnant une structure bancale mi SF, mi fantastique. J’ai apprécié ma lecture ne m’attendant pas à cette fin ^^

La troisième et ma préférée : « Mutants lunaires » pose le problème des manipulations génétiques à un niveau SF car impossible d’envisager ces modifications dans un avenir proche. Les échanges entre le présentateur, Colin Maillard (beau jeu de mot), mufle sur les bords et la présentatrice, Sandra, m’ont bien divertie. Les dialogues rythment agréablement l’action, un jeu de découverte de ces mutants basés sur la lune, terrain de scientifiques fous pris à leur propre piège. J’aime beaucoup ce concept. Tout commence avec la chasse au Pt77 par Olivier, un candidat qui doit le trouver. Problème, il est invisible ! Beaucoup d’humour dans cette nouvelle que j’ai totalement aimée.

 

La quatrième « Immortalité en papier » est en fait en plusieurs parties et je ne pourrais pas en parler à part que je n’ai pas trop accroché car les descriptions prennent une place importante et ne sont là que pour révéler un personnage historique ou autre fait marquant d’aujourd’hui. Une façon de procéder originale, je dois dire. La forme parfaite n’empêche pas que le fond me soit apparu peu concluant sauf pour la dernière rédigée avec un ton différent qui la rend savoureuse et en même temps terrible.

 

Allez-y procurez-vous ce recueil, il vous apportera bien des surprises. On sent la formation scientifique de l'auteur et j'ai apprécié les détails techniques à certains moments ; moins à d'autres. Dans l'ensemble, ce fut une belle découverte.

Voici le lien de la maison d'édition :

Facebook :

http://www.facebook.com/pg/editionsBozDodor/about/?ref=page_internal

Vers l'achat du recueil :

http://store4324017.ecwid.com/#!/Immortalité-en-papier/c/20237875/offset=0&sort=normal

Site : http://www.editions-bozdodor.com/

 

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 19:05
Couverture du Dieu sans nom de Serge Rollet 17 € pour 10 nouvelles ! Collection Anticipation / Fiction

Couverture du Dieu sans nom de Serge Rollet 17 € pour 10 nouvelles ! Collection Anticipation / Fiction

Voyage au pays de Lovecraft en compagnie de créatures terrifiantes dont la particularité est de haïr les humains et de vouloir leur destruction.

Les histoires inventées par Serge Rollet renouvellent le genre habilement. Sa plume précise, sans fioritures surpasse nombres d'essais cherchant à imiter ce maître de l'horreur, éveilleur de sensations de terreur venues d'ailleurs.

Dans ce recueil, l'auteur nous offre dix nouvelles à savourer :

1) Le Dieu sans nom

Yann Martens, un professeur / archéologue, découvre après avoir participé au déplacement d'un temple Maya au cœur de la région du Yucatán, en pleine jungle que l'origine des récentes catastrophes serait liée à ce vaste chantier "Le Projet Chac". La place libre désormais sera recouverte par un barrage hydroélectrique. On ne trouble pas une terre sacrée sans conséquence ! Quelque chose s'est réveillée qu'il faudra contrer avec l'aide d'une association secrète et d'un vieux prêtre, Pedro Diaz. La fin très surprenante et pourtant cohérente donne une dimension grandiose à ces 91 pages de pur bonheur ! Le plus long texte du recueil annonce la couleur souvent noire de l'imaginaire fertile de cet auteur rare.

2) L'ennemi ancien (30 pages)

Encore une histoire de jungle, cette fois au Vietnam qu'un groupe d'américains, accompagné d'un enfant du pays, Truong, va tenter de traverser afin de retrouver un groupe de disparus composé de soldats américains qui n'ont plus donné de nouvelles. On comprend vite pourquoi mais tout l'art est dans la tension qui va crescendo à travers l'attitude du pauvre vietnamien, obligé de servir de guide malgré la certitude qu'il a d'aller au devant d'une mort effroyable. Les découvertes macabres lui donneront raison mais les soldats américains campent sur leur position. Un seul en réchappera, un métis, Johnny Eagle qui réussit à trouver la faille du "Grand Dévorant". J'ai été happée par ce texte, très réussi.

3) L'Ombre des Docks (31 pages)

Comment une île qui apparaît devant des marins, va plonger un équipage et un homme, le Capitaine Horace Mac Lane, dans un cauchemar inédit peuplé de crimes odieux.

La découverte d'un trésor au fond d'une grotte et d'un coffre qui se révèle être plutôt un sarcophage résistant aux nombreux essais d'ouverture aboutira à faire coïncider un des mythe de Lovecraft avec un célèbre tueur en série londonien. Grâce à l'aide du frère d'Horace, un érudit passionné de sciences occultes et un rituel ancien, le monde des humains sera délivré d'un monstre d'une cruauté totale. L'architecture de ce texte permet des situations passionnantes.

4) Baphomet (13 pages)

Voler des œuvres d'art dans des chapelles de campagne, des caveaux ou églises désaffectés est peut-être une bonne idée pour s'enrichir à moindre frais.

C'est l'idée de Michel Bron et de son associé qui ont crée leur association et un réseau de collectionneurs peu scrupuleux. L'affaire tournera au vinaigre quand une sculpture d'origine inconnue, créée dans une matière de basalte noir provoquera des cauchemars et la mort de l'un d'eux. Même le narrateur, en prison ne souhaite pas être remis en liberté à cause de la menace que cette statue engendre. Idée originale en tous cas.

5) Le portrait (8 pages)

Un homme, Christian emménage; quoi de plus banal. C'est sans compter sur l'attrait d'un simple tableau. Celui-ci entraînera le malheureux dans une folie destructrice et à sa suite tous les locataires qui succèderont ensuite dans ce logement hanté par une créature maléfique qui pourtant semblait amicale au début. On aborde par ce texte tout le charme des suggestions, par petites touches. J'ai bien apprécié ce ton détaché et si efficace.

6) L'étranger (4 pages)

Texte court mais percutant non pas dans les mots et expressions mais dans la conclusion terrible ! Impeccable !

7) Conte de poivrot (8 pages)

Un des seuls textes SF et à tendance humoristique très bien mené ! À découvrir.

8) Le grand tirage (4 pages)

Texte surprenant et d'une grande qualité que je ne veux pas résumer car il perdrait de sa charge !

9) Les successeurs (7 pages)

Encore un texte à coloration SF, très ironique et complètement barré, dans le bon sens du terme !

10) Les quatre saisons de l'Apocalypse (20 pages)

Quand on est le seul survivant sur Terre, il faut s'organiser. C'est ce que fait le dernier homme d'une matière désenchantée qui contraste avec les récits post-apo habituel.

Texte emprunt d'une poésie qui surprend, s'attardant sur les descriptions de la nature lors du passage des quatre saisons. Celle-ci reprend ses droits et c'est si déconcertant pour l'espèce humaine. Très intéressant témoignage d'un mortel qui ne pourra pas survivre longtemps puisque l'ironie du sort le laisse sans possibilité d'être soigné.

En un mot : achetez ce recueil : il vous réserve des heures de lecture fructueuse. Et en plus la préface d'Artikel Unbekannt donne un éclairage érudit sur l'auteur et ses sources. À la fin une interview en 10 questions précise un peu le projet de l'auteur, Serge Rollet.

Quatrième de couverture

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  • : Le blog de francoisegrenierdroesch auteur fantastique
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  • : Je mettrai mes essais littéraires, mes coups de coeur, des liens vers mon roman fantastique " LE PIANO MALÉFIQUE " car je me suis découvert une passion pour l'écriture alors que jusque là, je dessinais et gravais. Mais, je suis enseignante et donc, j'ai peu de temps à consacrer à ce blog, ne m'en voulez pas d'être parfois longtemps absente ! Du Cauchemar au rêve, il n'y a qu'un livre ! ( La Confrérie de l'imaginaire )
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  • D'abord, j'ai toujours dessiné,( mon père étant peintre d'aquarelles superbes sur le vieux Troyes et œuvrant pour les Bâtiments de France comme adjoint d'architecte, j'ai hérité de son don pour le dessin ).Des rêves/cauchemars traînent dans
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