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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 18:20

Je vous recopie la nouvelle de la troisième lauréate : celle de  Marie-José PIQUET

 

J'ai vraiment trouvé l'idée intéressante

 

En cet fin de banquet, les convives, somnolents et euphoriques, étaient affalés sur des lits autour de la table. Les reliefs du repas, la vaisselle, les amphores cassées gisaient un peu partout. La chaleur étouffante, inhabituelle en cette saison, écrasait la vile, assombrie en plein milieu de l'après-midi.

Le jeune couple se faufila hors du triclinium et courut vers les jardins, à l'abri des regards.

"Fais-moi des gouzis", gazouilla la gracile Graziela, grisée. Ils s'allongèrent délicatement sur l'herbe et se mirent à se mirer, s'admirer, se découvrir, s'explorer. Sous les papouilles appuyées du pimpant Pompéien, la poupée un peu pompette papillonnait des paupières, se pâmait et soupirait de plaisir sous les pins parasols. Ils se mêlèrent, s'entremêlèrent, inventèrent mille caresses au point que le dieu kama s'outra. Ils vibrèrent lentement au rythme des premières secousses telluriques, puis plus rapidement, à l'unisson avec la terre. Ils atteignirent l'extase pile-poil au moment de l'éruption. Alors que la belle murmurait à l'oreille de son amant " Luigi ! Oh ! Oui !", la bave épaisse du Vésuve commençait à s'étendre doucement sur leurs corps puis les recouvrit entièrement jusqu'à les laisser empêtrés, empétrifiés, ad mortem aeternam.

Vingt siècles plus tard, le bel Antonio, conducteur d'engin de chantier, affecté aux travaux de l'autoroute Sarno-Napoli, sifflotait aux manettes de sa tractopelle-excavatrice-niveleuse-décapeuse. Mais ce qu'il aperçut au creux de sa pelle lui coupa le sifflet : deux têtes et  des pieds émergeaient du tas de terre. Il descendit de son engin, appela les copains qui l'aidèrent à  dégager délicatement la chose. Apparut alors ce qui semblait être une magnifique sculpture d'un réalisme qui les submergea d'émotion : deux êtres, solidifiés et solidaires, figés dans une étreinte éternelle, terrible beauté ( occis, morts ).

On peut les voir aujourd'hui sur la petite place de Cuccurullo près de Pompéi ,enlacés pour toujours sous les pins parasols.

 

Auteur : Marie-José Piquet, 80, avenue Ledru-Rollin 75012 PARIS

mjopiquaflor@gmail.com


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Published by francoisegrenierdroesch - dans ARTICLES
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  • : Le blog de francoisegrenierdroesch auteur fantastique
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  • : Je mettrai mes essais littéraires, mes coups de coeur, des liens vers mon roman fantastique " LE PIANO MALÉFIQUE " car je me suis découvert une passion pour l'écriture alors que jusque là, je dessinais et gravais. Mais, je suis enseignante et donc, j'ai peu de temps à consacrer à ce blog, ne m'en voulez pas d'être parfois longtemps absente ! Du Cauchemar au rêve, il n'y a qu'un livre ! ( La Confrérie de l'imaginaire )
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  • D'abord, j'ai toujours dessiné,( mon père étant peintre d'aquarelles superbes sur le vieux Troyes et œuvrant pour les Bâtiments de France comme adjoint d'architecte, j'ai hérité de son don pour le dessin ).Des rêves/cauchemars traînent dans
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