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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 21:22

Enfin, les filles repartirent avec leurs parents. La soirée s’acheva, et je montai me coucher.
Kitty trônait à la même place. Il n’avait pas bougé mais confusément, je sentis un changement. Je l’attrapai plus délicatement que cet après-midi et ses yeux s’ouvrirent. Cette peluche semblait me regarder intensément, s’animait et si je ne rêvais pas déjà, à 22 h, c’était pas l’heure, elle émit comme une plainte, suivie tout de suite d’un ordre d’une voix nasillarde, assez éprouvante à entendre :
-Tu ne dois jamais plus me laisser seul! Compris, sinon, il t’arrivera malheur! Il faudra m’obéir, gare à toi et à ta famille. Si tu l’ aime,  ne  me déçois pas!
Je passai la nuit à m’occuper de ce tyran, il n’y avait pas d’autre mot. Je ne pouvais pas faire autrement, il y avait une force supérieure émanant de cette chose qui me poussait à être docile. Il voulait aller au bord de l’eau, se promener derrière chez nous, pour disait-il, récupérer des forces. Nous avions une « digue », rendez-vous des désoeuvrés, marginaux et cet endroit me faisait peur. Cette affreuse nuit, j’étais obligée d’y aller pour monsieur Kitty. Ce prénom ne lui convenait pas du tout, entre parenthèses, Téqui, peut-être, Chat-Vorace. Ce fut ainsi toutes les nuits de la semaine. Je devais l'accompagner: il dépeçait une ou plusieurs souris, des hérissons aussi, il avait du flair et de l’appétit, surtout pour le sang. Il les vidait complètement, et moi, par contre, à le voir faire, j'avais envie de vomir. Puis, j’avais le droit de dormir, ce que j’avais de plus en plus de mal à faire!
Cette semaine-là, je fus malade et n’alla pas en cours. Je ne pouvais rien avaler et j’avais tellement mal à la tête mais j’en profitai pour filmer toutes ces escapades nocturnes. Le jeudi, mes amies sont venues aux nouvelles et je brûlai d’envie de leur raconter la vérité sur cette peluche. Seulement, j’avais honte et ce fut impossible à expliquer. Je ne quittai pas ma chambre et attendis avec angoisse la fin de ma garde du «  Kitty » . Je devais parler de tout ce qu’il m’obligeait à faire, et en même temps, il y avait les menaces, maintenant, j’en comprenais la teneur. Il était capable du pire, c’était certain! J’étais épouvantée à l’idée de le garder toujours et j’aurais été soulagée de m’en débarrasser. Maman s'inquiéta de mon état dépressif et fit venir le médecin. Celui-ci était très confiant au sujet de ma guérison.
-Elle se remettra, un chagrin d’amour, sans doute! Dans  8 jours, il n’y paraîtra plus!
Le dimanche suivant, en fin d'après-midi, Myriam s'impatientait. Elle était venue, comme convenue,et attendait que je redescende avec  notre peluche. Je traînais, prétextant  la fatigue, ce qui n’était pas faux!
-Bon, tu fais quoi? C’est pas drôle, même si tu es malade, d’habitude, tu n’es pas comme ça!
Maman s’en mêla , m’arracha cet horrible animal duveteux des mains et le tendit à ma meilleure amie, et il s’ensuivit une crise de panique de ma part, qui surprit  tout le monde. Mon frère, espionnait et il m’énervait au plus haut point, sauf que j’étais devenue muette, aucun son ne sortait de ma bouche, moi qui suis si bavarde, une attardée mentale, voilà, ce que j’étais! Je pleurais, un vrai bébé, sûre que je ne pourrais jamais m'arrêter. Des sanglots montaient de ma poitrine, se transformaient en larmes interminables et se déversaient le long de mes joues.
Myriam était atterrée, elle bredouilla, sans  y croire, avant de se sauver :
-Bon, salut, à demain , salle 304 ?
Le lendemain, après une nuit agitée, remplie de cauchemars car je revoyais ce singe grimaçant, m'ordonnant de le suivre à la chasse aux petits animaux, j'ai essayé de me préparer, sans réussir. Je suis tombée : tout tournait autour de moi. Rebelote, au lit pour une longue semaine. Cette fois, j’avais une fièvre carabinée. Sous la couette, j’étais prise de tremblements, suivis de bouffées de chaleur. Et en plus, j’avais des hallucinations: je distinguais comme des araignées énormes qui fonçaient sur moi en émettant des petits cris stridents. Pas la joie! Heureusement, en général, je me réveillais juste avant l’assaut final Parfois, c’était une pelote d’épingles géante aux grincements insupportables qui apparaissait au plafond et tournait sur elle-même, telle une toupie folle.
Le mal était fait! C'est à dire que je dépérissais, ne pouvant rien avaler. Même lorsque je me remis à manger, je continuais à maigrir. Mes envies se résumaient à dormir, encore dormir, toujours dormir! Oublié le beau Kentin! Mon lot quotidien :  fièvres et vomissements. Le médecin avait une nouvelle fois rappliqué, pour faire croire à maman, que j’avais une gastro. D’accord, j’allais me rétablir rapidement avec des médicaments adaptés. Tu parles, le dimanche matin, j’étais une loque! Pas prête à retourner au lycée. Myriam et Lisa m’ont tenu compagnie et la question du «  Kitty » me  brûlait les lèvres. Est-ce que Myriam allait raconter les tourments que cette peluche  faisait subir à autrui? Que nenni, mon amie, très épanouie, vantait au contraire, les mérites de cette charmante petite chose. Pas compliqué à soigner : des petits câlins chaque soir, en rentrant du collège et voilà!Une peluche normale, quoi!
-Bon, c’est tout? demandai-je d’un ton le plus neutre possible, en serrant les poings car j’avais peur d’exploser. Mais j’étais trop faible pour ça!

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Published by francoisegrenierdroesch - dans NOUVELLES
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  • : Je mettrai mes essais littéraires, mes coups de coeur, des liens vers mon roman fantastique " LE PIANO MALÉFIQUE " car je me suis découvert une passion pour l'écriture alors que jusque là, je dessinais et gravais. Mais, je suis enseignante et donc, j'ai peu de temps à consacrer à ce blog, ne m'en voulez pas d'être parfois longtemps absente ! Du Cauchemar au rêve, il n'y a qu'un livre ! ( La Confrérie de l'imaginaire )
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  • D'abord, j'ai toujours dessiné,( mon père étant peintre d'aquarelles superbes sur le vieux Troyes et œuvrant pour les Bâtiments de France comme adjoint d'architecte, j'ai hérité de son don pour le dessin ).Des rêves/cauchemars traînent dans
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