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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 21:26

-Oui, c'est tout. Ma chatte a disparu. Qu’est-ce que tu veux que je te dise d’autre?
-Rien, répliquai-je. Racontez-moi la vie dehors. La chatte de Myriam, n’était pas rentrée depuis 3 jours mais rien d’inquiétant, cela lui arrivait souvent. Après, j’ai eu droit aux potins du collège. Alex avait amené une boule puante en cours de maths et s‘était fait coller. Il était impossible de suivre le cours de musique et en sport, laisse tomber, la prof a piqué une crise et a failli gifler Amandine, qui lui répondait qu’elle s’en fichait de taper dans un ballon, que c’était débile, ses cours. Bref, la routine! Ce collège est le pire de tous, on dirait. Les parents disent, eux, que c’est partout pareil. Je sais pas, mais j’aimerai bien changer. Plus qu’un an, si les résultats ne baissent pas. Pour l’instant, on a toutes des bonnes notes. Carol et Violet ne sont pas dans la même classe et elles travaillent trop bien. Faut dire qu’elles sont en CHAM, c’est à dire qu’elles ont des cours au Conservatoire, piano et violon. La chance!
Puis, elles m’expliquèrent les cours qu’il fallait que je rattrape et me donnèrent une montagne de pages à lire et des devoirs urgents. Il y aurait des contrôles, en fin de semaine prochaine.
Maintenant, c’est au tour de Lisa d’expérimenter Kitty, la fausse peluche.
-Vite, il faut que tu retrouves ta forme, ma poulette, m’encouragèrent-elles. Et on se quittèrent sur ces bonnes paroles.
Sans surprise pour moi, le lundi matin, je ne pouvais pas retourner en cours. Les crises de fièvre, les vomissements s’estompèrent mais je ne tenais plus debout. Clouée au lit, j’avais l’impression de flotter, d’être en apesanteur. Maman travaillait et je restais en grande partie seule. Mon père ne savait rien de tout cela, vu qu’il nous avait quitté à ma naissance, pour l’hôpital psychiatrique. Il m’envoyait une carte de temps en temps et pour l’occasion, mes 14 ans, il m’avait écrit quelques mots. Il était guéri de sa longue maladie, depuis longtemps, mais ne pouvait pas me recevoir avant les vacances de .Pâques.  C’était quelqu’un de très fragile et je préférais ne pas penser à lui.
Le médecin ordonna des analyses de sang. J’aurai une mononucléose! J’ai déjà entendu parler de ça. Une cochonnerie qui te pompait  ton énergie. Là encore, j’eus des cachets. Le résultat des tests sanguins ne donnèrent pas de réponse à mon mal-être.
Je m’enfonçais , me résignais à rester au lit du matin au soir. Maman m’acheta des séries de Fantasy,  livres que d’habitude je dévore, des DVD, des jeux vidéos que je pouvais charger sur mon ordinateur portable : rien ne m’attirait. Je n’avais goût à rien. J’étais devenue, rien.
La  semaine s’écoula comme les grains de sable d’un sablier, lentement. Le médecin me leva pour me peser : 5 kg en moins . Ça va, j’étais assez forte. Je pesais 55 kg, donc, j’en étais à 50 pour 1 m 70. Oui, j’étais grande pour mon âge. Pas de quoi s’affoler! Je commençais à ne plus le supporter ce toubib. Malgré ma faiblesse, il me mit en rage, et je lui ai dit de me ficher la paix, sur un ton  haineux. Maman, qui se trouvait à côté encaissa  ma mauvaise humeur. Le médecin préféra aussi ne pas relever  et décida qu’il fallait m’hospitaliser pour d’autres analyses et me réalimenter.
Voilà comment, j’atterris  à l'hôpital. Une chambre, tout ce qu'il y a de plus banal m'attendait au bout d'un couloir. J'y suis parvenue sur un brancard, à moitié inconsciente.  C'est pour ça que je ne peux pas la décrire.
Il parait que je ne bougeais pas, c'est ce que les infirmières ont affirmé. J’entendais tout dans mon coma, par contre je ne sentais rien lorsque l'on m'a placé le goutte à goutte et tous les autres appareils. Lisa était venue, j’ai reconnu sa voix, puis les autres avec leur parents. Personne ne restait très longtemps et je n’avais plus aucune nouvelle du «  Ketty ». Bien sûr, je ne posais plus de questions, j’en étais incapable.
Je restai ainsi entre la vie et la mort, une éternité, pour moi. Puis une lueur, le bout du tunnel. Non, en fait une infirmière de garde, s’affairait autour de moi. Je surplombais la scène, détachée, prête à partir vers l’inconnu. Manque de chance, question  dépaysement, c’était raté. J’étais toujours là, à suivre mon corps sans réaction. Toujours présente, à mon enterrement, j’ observais les personnes que j’aimais le plus et toutes les autres se réunir une dernière fois derrière mon cercueil, à l’église, au cimetière. J’eus une magnifique cérémonie! Merci, les amis! Et maintenant, que dois-je faire? Encore là, lorsque ma maman regardait cette vidéo de Kitty. Et oui, pas joli, joli. Il grimaçait, ricanait et je devais lui obéir, aller chercher les mulots et autres bestioles  à sang chaud. Ce que je subissais n’avait pas de mots assez forts, de la torture morale.
Zut, je ne contrôle plus ma trajectoire et me voici à percuter quelque chose de mou. Même si je ne suis qu’un esprit, je sens les  obstacles, grâce aux courants d’air. Si l’air n’est pas fluide, c’est que je rencontre un mur ou une personne. Rassurez-vous, celle-ci ne ressent pas ma présence. Faut que je m’habitue! Bon, je me secoue et découvre horrifiée, que j’ai heurté le «  Kitty ». Il ne m’a pas vu, ouf, pensais-je.
Croyez-moi, si vous pouvez mais c’est la stricte vérité : il m’avait calculé. D’une pirouette, il se positionna face à moi et m’adressa un «  bonjour  ma fiancée ! » de sa voix aigue, puis ajouta :
-Surprise? Il ne faut pas, tu es mon esclave ou ma protégée si tu préfères. Tu m’as manqué pendant toutes ces semaines! Je savais que tu reviendrais. A présent, tu ne me quitteras jamais! On est soudé!
-Je sers à rien! Pour quelle raison  je devrais te croire ?
-Tu vas me guider, sans toi, je ne trouverai pas ma nourriture. Tu connais ce monde, tu seras mes yeux, mon esprit.
-Si je ne veux pas?
-Essaie toujours, tu reviendras forcément, un sortilège nous lie. Tu as bien fait le voeu de m’aimer non?
-Certainement pas! Tu bluffes! Je n’ai plus peur de toi!
-Rappelle-toi, tu as soufflé tes bougies et hop, tu as pensé à ton chéri, tu as fais un voeu pour moi ! C‘est moi, ton amour!
-Tu vas te transformer en prince charmant? Allez, assez rigolé!
-Je ne sais pas faire le Charmant. Monstre, je suis, monstre, je resterai!
-Beurk! Alors Bye! Bye!

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Published by francoisegrenierdroesch - dans NOUVELLES
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  • : Je mettrai mes essais littéraires, mes coups de coeur, des liens vers mon roman fantastique " LE PIANO MALÉFIQUE " car je me suis découvert une passion pour l'écriture alors que jusque là, je dessinais et gravais. Mais, je suis enseignante et donc, j'ai peu de temps à consacrer à ce blog, ne m'en voulez pas d'être parfois longtemps absente ! Du Cauchemar au rêve, il n'y a qu'un livre ! ( La Confrérie de l'imaginaire )
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  • D'abord, j'ai toujours dessiné,( mon père étant peintre d'aquarelles superbes sur le vieux Troyes et œuvrant pour les Bâtiments de France comme adjoint d'architecte, j'ai hérité de son don pour le dessin ).Des rêves/cauchemars traînent dans
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